Punk toujours ?

18:50 Brèves de trottoir, Focus Pas de commentaire


Nico, Erwin et Jenny vivent tous les trois dans la rue depuis plusieurs années. Frangins de route depuis trois jours, nous les avons rencontrés cette semaine devant le marché Victor-Hugo (lire par ailleurs “Vies de zonards” et leurs portraits). Face à leurs galères quotidiennes, envisagent-ils de plier leur duvet un jour ?

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Erwin, le zonard sur le retour (3/3)

18:48 Brèves de trottoir, Focus, Portraits Pas de commentaire

Usé par le travail, le chagrin, Erwin a préféré tout claquer il y a trois ans. Enfin, il n’a pas vraiment eu le choix, la friteuse a explosé son appart’. Avec Nico, il trace sa route.

Mais, aujourd’hui, il est un peu « perdu dans sa tête ». Le problème de la rue, « c’est qu’il faut avoir des centres d’intérêt. Beaucoup de jeunes, et de plus en plus jeunes, pensent que c’est cool, dormir dehors, faire la fête. » Son gros perfecto noir sur le dos, un cure-dents planté dans l’oreille, ses yeux se perdent souvent dans le vide. « Moi j’ai été un vrai punk à chien. Un moment, j’en avais onze. » Mais, là, il est un peu lassé. Il ne sait plus trop pourquoi il est là. « Tu sais, j’ai travaillé, j’ai été peintre en bâtiment. J’ai même gagné beaucoup d’argent ». Sa famille, il sait qu’il peut y retourner quand il veut. Mais ce n’est pas à eux de supporter son choix. Les mots ne viennent pas facilement. Mais il sait que cette vie, à trente ans, ce ne sera plus pour lui.

[audio:PORTRAIT ERWIN1.mp3]

Gladys Marivat

Jenny, la princesse de la rue (2/3)

18:47 Brèves de trottoir, Focus, Portraits Pas de commentaire

Elle a l’âpreté des gens de la rue, la voix un peu éraillée. Un visage un peu pâle d’enfant grandie trop vite, éclairé par un regard vert, lucide. Jenny a 24 ans et mène sa barque sur les trottoirs depuis 7 longues années.

La rue, c’est peut-être comme elle dit la seule chose qu’elle a vraiment choisi, dans sa vie tourmentée, marquée par l’errance. Celle des foyers d’accueil, qu’elle a écumé dès l’âge de 10 ans. Des années dures dont elle parle sans détour, et qui ont forgé son caractère bien trempé. Après avoir enchaîné pendant quelque temps les petits métiers et les petits contrats, “souvent des boulots de bonhommes”, Jenny a décidé un jour de claquer la porte de son appartement. Pour prendre la route. Un choix qu’elle ne regrette pas, avec une fierté revendiquée, même si dans la rue, elle prévient que “ça casse plus que ça passe”. La vie a fait d’elle une fille solitaire, les nuits passées seule dehors l’ont rendu forte. Même si elle sait très bien que le danger la guette à chaque coin de rue.

[audio:portraitjenny.mp3]

Annabelle Georgen

Nico, le punk citoyen (1/3)

18:45 Brèves de trottoir, Focus, Portraits Pas de commentaire

« Je suis pas un zonard, je suis un routard ». 23 ans et ça en fait déjà trois qu’il fait la route. En train ou à pied. C’est qu’il n’a pas le permis, même s’il est titulaire d’un BTS mécanique poids lourds. Cette ironie le fait rire. Pour l’énerver, tablez plutôt sur le manque de civisme des gens, les jeunes zonards qui insultent les passants, la politique de la ville qui veut « mettre tout le monde dans des cases » et faire une ville « bien propre » sans spectacles de rue. Politesse, intérêt pour l’actualité… quand on l’a croisé mercredi dernier, il allait se rendre à une manif de soutien pour un sans papier à Bordeaux. C’est qu’il comprend, il est lui même Russe, avec un permis de séjour en France.

Comment il en est arrivé là ? « J’ai travaillé avant. Mais c’est pas à 70 ans que je vais commencer à voyager et faire la fête.» Ce grand blond, yeux bleus immenses, peau rosie par l’alcool qu’il boit parce que « qu’est-ce que tu veux faire d’autre ? », avoue quand même que son choix est parfois difficile à vivre. Il y a les engueulades dans les squats, zéro euro en poche, et bientôt les intempéries. « Mais j’ai pas envie de travailler, pour dépenser mes sous entre les taxes, le loyer, le chauffage et bouffer au lance-pierre! ».

[audio:PORTRAIT NICO.mp3]

Gladys Marivat

Du lien social à l’épicerie

18:44 Brèves de trottoir Pas de commentaire

boutique vival sur le cours victor hugo

A la boutique Vival, on ne fait que passer. Dans ce petit commerce d’appoint ouvert à toutes heures, on achète la baguette du soir, la bouteille de vin, la petite bière fraîche pour l’apéro de dernière minute, du job à rouler ou la petite tablette de chocolat.
Retraités, jeune couple, bande de copains, entre copines, jeunes célibataires ou moins jeunes, quelque soit leur histoire ou leur milieu social, ici les clients se croisent.
En entrant comme en sortant, un bonjour et un au revoir sont de mises, toujours avec le sourire.

Marie-Hélène Merlini

La fontaine avait la tête à l’envers

17:45 Brèves de trottoir Pas de commentaire

C’était mardi. Richard Normand et son équipe d’ouvriers de la Somopa installaient la fontaine aux Egyptiennes sur la mini-place à l’angle du cours et de la rue des Faures. Le soir venu, visionnant le reportage consacré par Hugoblog à l’événement, l’architecte Fabien Pédelaborde s’apercevait de l’erreur. Le monument avait été monté à l’envers. « On croyait avoir les bons plans, explique Richard Normand. On pensait qu’il fallait emboîter les éléments comme pour la fontaine de la place de la Bourse ». Le lendemain, le chef d’équipe a donc dû rectifier le tir. A l’aide d’une scie égoïne (scie à main), il s’est employé à séparer les morceaux – pieds, tronc, vasque et tête - sans les abîmer, avant de les réassembler, dans le bon ordre cette fois. « C’était délicat, il ne fallait pas éclater les éléments décoratifs » confie Normand, qui conclut, rassurant : « Mais tout est rentré dans l’ordre, l’architecte est satisfait ».

Pierre Mailharin

 

« On est dans un cours ou dans une boîte de nuit ? »

12:43 Brèves de trottoir Pas de commentaire

Il se surnomme, en plaisantant, « le Che Guevara du cours Victor Hugo » et tient à rester anonyme. Son nom d’emprunt correspond au caractère bien trempé - mais prudent ! - de ce commerçant qui connaît le cours depuis six ans. Ce « Che » local s’insurge contre ce « qu’ils » ont fait du cours.

 

[audio:coupgueule.mp3]

Marie-Hélène Merlini

Le S tanguant du Quai des livres

19:35 Brèves de trottoir Pas de commentaire

 

La façade du Quai des livres

En flânant le long du cours, difficile de rater le Quai des Livres et son enseigne hors du temps, en grandes capitales jaunes. Mais si Q, L, V et consorts s’alignent le long d’une droite presque parfaite au-dessus de la vitrine, le S final joue les trublions. Figé dans une position précaire, il chancèle, à tel point qu’on le croirait à deux doigts d’une chute fatale.

Pour Carole Nguyen, gérante de la boutique, « ça fait partie de l’identité du magasin : le S tombe aussi sur nos documents … » En effet, sur la carte de visite du magasin, la dernière lettre imite tout autant la tour de Pise que sa consœur de la devanture.

On pencherait donc en faveur d’une culbute volontaire. Pente glissante … Car tout incline à penser que, telle la bêtise de Cambrai, le S tombant du Quai des livres a d’abord été un accident avant d’être adopté. Mme Nguyen acquiesce : « Quand l’enseigne a été installée, le S a été mal accroché. Le temps que les poseurs s’en aperçoivent, une dame est passée et a remarqué que c’était rigolo, ce S qui tombait … Du coup, il l’ont gardé … »

Fabien Gandilhon

Une fontaine est née

18:21 Brèves de trottoir 1 commentaire

Statue

Une par une, les cinq pierres cylindriques ont été soigneusement empilées les unes au dessus des autres, pour former une élégante statue. Il a fallu l’aide d’une grue pour déplacer ces blocs, qui pèsent un total de 300 kg. L’opération, réglée au millimètre près, est menée par Richard Normand et son équipe d’ouvriers de la Somopa. Juché sur un escabeau, un métreur à la main, le conducteur des travaux Jacques Faurie s’est ensuite confronté en tête-à-tête avec le visage du sphinx, pour d’ultimes ajustements à deux mètres au dessus du sol.

Chaque pierre étant désormais à la place qui lui échoit, voici la fontaine aux Egyptiennes, nouveau monument du cours Victor Hugo. Cette reproduction d’une statue dont l’original trône au Musée d’Aquitaine sera scellée aujourd’hui, avant d’être mise en eau et en lumière demain mercredi. Jeudi, pour la livraison du chantier, la fontaine baroque taille XS sera au centre de toutes les attentions.

Matthieu Fauroux

Nervosité et sécurité au Champion

18:18 Brèves de trottoir 2 commentaires

Ça se bouscule samedi soir dans le supermarché Champion du cours. Une « hôtesse » ferme sa caisse devant des files indiennes de regards absents, implorants ou inquisiteurs. Les trois caisses restées ouvertes peinent à endiguer le flot de consommateurs. Un septuagénaire ronchonne. « Ils sont mal organisés ici ! C’est le pire supermarché du centre !». Lire la suite…

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